mercredi 18 février 2026

CAPOTE, Truman - Petit déjeuner chez Tiffany

Holly Golightly adore traîner chez Tiffany, parce que tout y est beau. Holly au pas léger, gracile comme un songe, comme une Audrey Hepburn moulée dans une robe noire devenue légendaire, traverse l'existence telle un chat qui, n'ayant pas de nom, s'en invente un.De son passé de Lulamae, il lui reste pourtant quelque chose de plus profond que la frivolité qu'elle affiche avec impertinence, une absence de lest qui conduit à une existence de courants d'air.
Jusqu'au jour où, des années après la disparition de la gosse, une photo vient raviver le souvenir de sa voix rauque et de sa silhouette de vent dans la mémoire du narrateur, qui lui fournira un hommage littéraire en guise de racines.

Suivi de 3 autres nouvelles :
La maison de fleurs
La guitare de diamants
Un souvenir de Noel

vendredi 13 février 2026

IRVING, John - L'oeuvre de Dieu, la part du Diable

Déjà lu vers 2000...

Dans un orphelinat situé au fin fond du Maine, Wilbur Larch, gynécologue excentrique, se livre à une double mission : mettre au monde des enfants non désirés, et futurs orphelins - " l'œuvre de Dieu " -, interrompre illégalement des grossesses - " la part du Diable ". Mais entre lui et un orphelin réfractaire à quatre tentatives d'adoption, vont peu à peu se développer des sentiments qui ressemblent fort à ceux d'un père et d'un fils.

Maine, au milieu de nulle part se trouve Saint Cloud's, un orphelinat dirigé par le docteur Wilbur Larch et deux nurses : nurse Angela et nurse Edna. Ce docteur ne se contente pas d'accueillir des orphelins en les mettant au monde (l'oeuvre de Dieu), il offre également aux mères la possibilité d'interrompre la grossesse (la part du diable). 
Dans son univers, ne subsiste qu'une chose qui désarçonne cet homme au grand coeur : un jeune orphelin, Homer Wells qui malgré de nombreuses tentatives d'adoption préfère Saint Cloud's à toute famille. Notre docteur décide par altruisme (et aussi par une sorte d'amour paternel) d'initier cet enfant à son métier. 
Les années passant, Homer Wells maîtrise l'art d'accoucher des femmes... et réprouve sans pour autant renier le travail de son mentor, l'acte d'avortement. Suite la rencontre avec un jeune couple, Wally et Candy, Homer décide de quitter l'orphelinat pour faire ses propres expériences...


Ce roman est tout simplement une merveille. L'auteur sans prendre parti pour ou contre l'avortement, nous propose ici de suivre les pérégrinations philosophiques des deux camps. D'un côté, le Docteur Larch incarne le docteur désirant avant tout respecter son serment de protéger et soigner, ce qui pour lui revient également à mettre fin à des grossesses non désirées... de l'autre, Homer Wells, pour qui foetus rime avec vivant. Malgré le sujet abordé de l'avortement, et les faits relatés comme la guerre, l'abandon, l'inceste, le viol, la prostitution , John Irving nous offre ici une ode à l'Amour dans un style magnifique, candide par moment et d'une grande pureté.


Un récit attachant avec des personnages touchants et complexes, qui malgré les années passant restent des enfants mal aimés. le personnage de Melony, la brute épaisse fuit par Homer est un des personnages les plus touchants malgré le rendu qu'elle donne dans le récit. Cette jeune femme brutale reste en fait une enfant en quête de parents, de réponses à de nombreuses questions concernant les raisons de son abandon. 


Un roman touchant où vous passerez du tragique au comique, du sérieux au burlesque en quelques pages. Une superbe découverte.

samedi 17 janvier 2026

DEE, Jonathan - Sugar Street

Sans nom ni visage, un homme fuit son passé avec 168 548 dollars cachés dans sa voiture. Son but : une vie plus simple, loin de tous les privilèges qui ont construit son identité.Arrivé dans une ville inconnue, il loue un studio auprès d’Autumn, une femme étrange. Chacune de leurs rencontres est marquée par une méfiance mutuelle. 
Petit à petit, l’argent, comme un sablier qui s’égrène, se tarit.
Réflexion sur le monde moderne et ses dérives, Sugar Street peut se lire comme une réécriture urbaine de Walden de Thoreau.

lundi 12 janvier 2026

VENET, Emmanuel - Marcher droit, tourner en rond

Le narrateur, atteint du syndrome d'Asperger, évoque la vérité, la transparence, la logique, le scrabble, les catastrophes aériennes et Sophie Sylvestre, une camarade de lycée qu'il n'a pas revue depuis trente ans et avec laquelle il rêve de vivre une grande histoire d'amour.

dimanche 11 janvier 2026

YOSHIMURA, Akira - Mourir pour la patrie

Shinichi Higa a quatorze ans quand il est enrôlé dans le bataillon de la première école secondaire d’Okinawa tout comme les mille sept cent quatre-vingts élèves des écoles secondaires de cet archipel situé à environ cinq cents kilomètres au sud de Kyūshū. Nous sommes le 25 mars 1945, Shinichi Higa fait partie des plus jeunes soldats de l’armée régulière prêts à verser leur sang pour l’empereur. Mais Shinichi est heureux de défendre sa patrie.Sa seule angoisse est de mourir avant même d’avoir fait son devoir. Car il s’agit pour lui de tuer au moins dix soldats ennemis. En attendant, Shinichi accomplit les tâches qui lui sont confiées. Il transporte des corps d’un lieu à l’autre, vers ces hôpitaux de fortune où les blessés et les morts sont si nombreux qu’il n’est plus envisageable de soigner les nouveaux arrivants. Shinichi se déplace en permanence, il résiste malgré la peur. Au-delà de l’horreur il se cache et survit habité par le désir de se battre. Mais très vite il perd son unité et, séparé des autres, se retrouve seul face à la guerre.

Magnifique hommage au courage d’un enfant, à sa belle naïveté, à sa résistance et à son engagement farouches pour son pays.

dimanche 4 janvier 2026

OGAWA, Yoko - Les lectures des otages

Huit touristes étrangers sont pris en otages. Après une importante mobilisation médiatique, l'attention de la presse internationale se détourne. Seule une ONG présente dans la région poursuit sa mission et parvient à introduire un minuscule enregistreur dans une boîte de premiers soins transmise aux otages.L'opération réussie, les écoutes commencent. A des kilomètres de là, un casque sur les oreilles, un jeune homme mobilise toute son attention sur des voix qu'il ne comprend pas, une langue qu'il ne connaît pas. Ces gens semblent dire, raconter, faire preuve d'une sincérité troublante. Tous les soirs, à la même heure, l'un d'entre eux prend la parole.
Huit récits, huit souvenirs dits par des êtres pris au piège, confrontés à l'ombre de la mort. Huit lectures enregistrées, volées puis rapportées, inconsciemment léguées au monde des vivants.

CAPOTE, Truman - Petit déjeuner chez Tiffany

Holly Golightly adore traîner chez Tiffany, parce que tout y est beau. Holly au pas léger, gracile comme un songe, comme une Audrey Hepburn ...