dimanche 22 avril 2012

PREVOST, Walter - Tristes banlieues

Les personnages de ce roman sont des jeunes gens __ garçons et filles d'aujourd'hui entre 16 et vingt-six ans__ issus de milieux populaires. Nous découvrons les faits et gestes, les pensées, les désirs, les dégoûts, les espoirs et le désespoir de tout ce petit monde (Olivier, Catherine mère célibataire de Christophe, Patrick et Marie, Philippe et Martine, Michel). Leslieux où se déroulent l'action, en banlieue, sont très importants : cafés, supermarchés, bus, cantines, gares, postes de police. En arrière-plan, il est question d'un détournement d'avion et d'une occupation d'usine. Le pirate de l'air sera abattu et les ouvriers grévistes seront expulsés par la police.

vendredi 20 avril 2012

SALVAYRE, Lydie - Portait de l'écrivain en animal domestique

Un milliardaire, roi de la restauration rapide à travers le monde, capitaine d'entreprise, engage une écrivain française pour l'accompagner et écrire un livre à sa gloire. Elle va ainsi pénétrer dans les arcanes du capitalisme et du libéralisme triomphants, à la fois fascinée et dégoûtée par cet homme aux allures feutrées qui se lézardent quand la vulgarité et la brutalité apparaissent par les fentes. Manoeuvres de séduction et de déstabilisation, techniques d'éviction lors d'un conseil d'administration, tout est bon à la conquête du pouvoir absolu et à sa défense. Mais un doute reste : que va-t-il rester de tout cela ? D'où le désir de postérité, à travers le livre commandé à un écrivain, et à travers un projet qui s'affirme de plus en plus : la philanthropie, le soutien aux grandes causes humanitaires. Mais la générosité feinte peut se finir en faute de goût, avec le risque que l'image en soit ternie, comme une couverture de magazine tapageuse...

mercredi 11 avril 2012

SARRAUTE, Nathalie - Tropismes

Dès 'Tropismes' (1939), qui rassemble ses premiers textes, elle s'attache aux réactions internes, imperceptibles, que suscitent les conventions sociales et langagières des autres. Salué par Sartre et Max Jacob, le manuscrit est refusé par Gallimard et Grasset, et ce n'est que quinze ans plus tard qu'il est reconnu par la critique.

dimanche 8 avril 2012

GARCIA MARQUEZ, Gabriel - Cent ans de solitude

Une épopée vaste et multiple, un mythe haut en couleur plein de rêve et de réel. Histoire à la fois minutieuse et délirante d'une dynastie : la fondation , par l'ancêtre, d'un village sud-américain isolé du reste du monde ; les grandes heures marquées parla magie et l'alchimie, ; la décadence ; le déluge et la mort des animaux. Ce roman proliférant, merveilleux et doré comme une enluminure, est à sa façon un Quichotte sud-américain : même sens de la parodie, même rage d'écrire, même fête cyclique des soleils et des mots. Cents ans de solitude, compte parmi les chefs-d'œuvre de la littérature mondiale du XXe siècle. L'auteur a obtenu le prix Nobel de littérature en 1982.

dimanche 25 mars 2012

ENARD, Mathias - Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants

En débarquant à Constantinople le 13 mai 1506, Michel-Ange sait qu’il brave la puissance et la colère de Jules II, pape guerrier et mauvais payeur, dont il a laissé en chantier l’édification du tombeau, à Rome. Mais comment ne pas répondre à l’invitation du sultan Bajazet qui lui propose – après avoir refusé les plans de Léonard de Vinci – de concevoir un pont sur la Corne d’Or ?
Ainsi commence ce roman, tout en frôlements historiques, qui s’empare d’un fait exact pour déployer les mystères de ce voyage.
Troublant comme la rencontre de l’homme de la Renaissance avec les beautés du monde ottoman, précis et ciselé comme une pièce d’orfèvrerie, ce portrait de l’artiste au travail est aussi une fascinante réflexion sur l’acte de créer et sur le symbole d’un geste inachevé vers l’autre rive de la civilisation.
Car à travers la chronique de ces quelques semaines oubliées de l’Histoire, Mathias Enard esquisse une géographie politique dont les hésitations sont toujours aussi sensibles cinq siècles plus tard.

vendredi 9 mars 2012

MARCEAU, Félicien - La grande fille

Parce que, ce jour-là, ils sont deux à attendre un taxi et qu'il ne s'en présente qu'un, Pierre, plutôt que de céder sa priorité, propose à Françoise de l'emmener. C'est là, dans ce mouvement de liberté, que va commencer leur amour, d'abord en cheminant le long de l'itinéraire habituel des amants, ensuite en débouchant sur un carrefour où, impatients et marquant leur différence, les attendent le désir et l'amour. Ce choix, peu commun, dit-on, mais peut-être moins rare qu'il n'y paraît, cet amour insolite, Félicien Marceau nous les fait vivre avec une allégresse, avec une malice au travers desquelles apparaît un autre visage de l'amour, un autre visage de notre vérité.

mercredi 7 mars 2012

OLAFSSON, Olafur Johann - Retour en Islande

Disa s'apprête à retourner dans son Islande natale après vingt ans d'exil en Angleterre, où elle dirige de main de maître les cuisines de sa belle auberge. Préparatifs, repas d'adieux, dernière inspection de la maison et des objets familiers, transfert en voiture, traversée en mer, chaque étape de son voyage ouvre les vannes à un flot de souvenirs que sa vie si bien ordonnée avait pu lui faire croire enfouis. Au fil de constants allers et retours dans le temps se dessinent son enfance en Islande, son apprentissage passionné de l'art culinaire, ses premières amours avec Jakob, le juif allemand qui mourra dans un camp de concentration, ses années au service d'un banquier dont le fils lui fera un enfant qu'elle sera contrainte d'abandonner à la naissance. C'est ce fils à présent adulte qui motive le voyage de Disa : se sachant condamnée par une terrible maladie, elle veut le voir avant de mourir. Dans ce roman tout en demi-teintes, le pointillisme proustien du souvenir fait fusionner passé et présent en une succession de petits instantanés du quotidien en apparence anodins, qui s'imbriquent pour composer un superbe portrait de femme.

ENARD, Mathias - Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs

Pour les besoins d'une thèse sur « la vie à la campagne au XXIe siècle », un étudiant en anthropologie prend ses quartiers à La Pierre-S...