vendredi 28 juin 2013

HOGENHUIS, Anne - Tristes printemps

Portée par des femmes courageuses et attachantes, l'épopée des Seliverstoff se raconte sur trois ou quatre générations. Elle déroule l'histoire d'une famille qui avait fourni des chefs militaires, des juristes, et des personnes dévouées à leur pays.
Puis vinrent le XXe siècle et la révolution bolchevique. Cécile et son époux firent face de leur mieux à des défis inhumains. Ils surmontèrent la pauvreté, les famines, l'exil et les incarcérations de leur progéniture. A leurs six enfants, ils insufflèrent le courage et la culture qui les aidèrent à surmonter les épreuves les plus dures. Tous, ils révèrent de se retrouver à Paris. Un train imaginaire, construit de chaises, devait les y conduire. De leurs récits alternés ressort la force de l'âme slave et la vigueur de caractère avec lesquelles jeunes et vieux luttèrent pour s'octroyer le droit à la vie. Finalement, les petits-enfants Seliverstoff assistèrent à l'écroulement du régime. Mais le viatique s'était épuisé. Le pire dans le communisme, a-t-on dit, c'est ce qui vient après. La dernière génération finit par y succomber.

samedi 22 juin 2013

HINO, Keizo - L'île des rêves

Contrairement à ce que laisse supposer ce titre poétique, l'île des rêves n'est rien d'autre qu'un immense terrain vague dans la baie de Tôkyô, recouvert d'ordures et de montagnes d'immondices rejetées par la ville.
C'est là qu'aime aller se promener tous les dimanches Monsieur Sakai, employé dans une société de construction, l'une de celles qui ont édifié les tours, les gratte-ciel et les échangeurs de cette mégapole dont il est amoureux ; amoureux comme d'une créature vivante dont il écouterait les battements de coeur et la respiration. Sans parvenir à comprendre comment une décharge d'ordures peut dégager une telle fascinante beauté.
La rencontre avec une mystérieuse jeune femme en noir, qui le renverse un soir avec sa moto, l'entraînera encore plus loin dans l'exploration de cette île artificielle et abandonnée, recouverte d'une forêt dense. De ses arbres pendent, comme des marionnettes, des hérons empêtrés dans des fils de pêche - images obsédantes de ces figures d'oiseaux qui le mèneront à sa perte jusqu'à ce qu'une sorte de sérénité radieuse vienne graduellement se couler en lui.

mardi 4 juin 2013

FOURNIER, Jean-Louis - Poète et paysan


Ça a commencé comme une plaisanterie. On a beaucoup ri, on s'est embrassés, on s'est caressés, c'était doux, c'était chaud, j'étais bien, je n'avais jamais été aussi bien de ma vie. Je ne suis redescendu du ciel que le lendemain matin, par l'escalier, titubant de bonheur. Naïf, je pensais que, désormais, j'allais être heureux toujours. Avant d'avoir repris mes esprits, j'avais décidé de reprendre la ferme de son père. Quand on est amoureux, on devient un peu fou, et comme je l'étais déjà un peu avant, j'étais capable de tout. Son père aurait été poissonnier, je reprenais la poissonnerie. J.-L. F.

lundi 3 juin 2013

BARNES, Julian - Le perroquet de Flaubert

Médecin anglais spécialiste de Flaubert, Geoffrey Breathwaite découvre dans un recoin du musée Flaubert, à Rouen, le perroquet empaillé qui inspira à Louise, la vieille servante de Un coeur simple, une étrange passion. Mais à Croisset, la propriété de famille des Flaubert, se trouve un second perroquet avec les mêmes prétentions à l'authenticité. Où est le vrai perroquet, qui est le vrai Flaubert, où est la vérité de l'écrivain ? Si rien n'est certain, l'inspecteur Barnes, au bour de son éblouissante enquête littéraire, démontre néanmoins, avec élégance et humour, que la seule chose importante, c'est le texte...Né à Leicester en 1946, Julian Barnes est l'auteur de plusieurs romans et essais. Le perroquet de Flaubert (Prix Médicis étranger) a été traduit dans le monde entier.

vendredi 24 mai 2013

ENDO, Shusaku - Le fleuve sacré

«Après avoir marché à travers cet enchevêtrement de ruelles, ils virent soudain le Gange apparaître sous leurs yeux. La surface de l'eau était d'un gris boueux. Quelque chose flottait au loin, filant rapidement à cause de la vitesse du courant. Le cadavre d'un chien... Sur son passage, le fleuve sacré n'engloutissait pas seulement les hommes, mais tous les êtres vivants... "C'est un endroit où les gens viennent pour mourir", martela le guide.»Parmi un groupe de touristes japonais, parti pour effectuer un voyage en Inde, qui retrouvera la paix, la régénération de l'âme et du cœur dont chacun, chacune a tant besoin ? Isobe, dont la femme, avant de mourir d'un cancer, lui a fait jurer de la retrouver dans sa prochaine réincarnation ? Mitsuko, qui veut à tout prix revoir l'étudiant devenu prêtre qu'elle a séduit puis abandonné quand elle était à l'université ? Ou Kiguchi, qui reste obsédé par ce qu'il a dû faire pendant la guerre en Birmanie afin de survivre ? C'est en Inde, sur les rives du Gange, que leurs chemins vont converger.

lundi 6 mai 2013

LABRO, Philippe - Quinze ans

Le « petit garçon » a grandi. Lycéen à Paris, il a quinze ans. C'est l'âge de la solitude, des rêves, de l'attente. Un inconnu, Alexandre, entre alors dans sa vie. Le charme slave, la grâce, l'élégance font de lui un être à part. Le narrateur réussit à devenir son ami intime et gagne le droit d'aller prendre le thé avec lui au sortir du lycée, chez la vieille et curieuse « Madame Ku». Alexandre a une sueur. Et peut-être le merveilleux jeune homme n'est-il qu'une pâle copie de cette Anna, beauté fantasque et secrète, dont l'innocent narrateur va tomber totalement amoureux... Cette histoire tendre et cruelle se passe au début des années cinquante. Elle est à la fois le roman d'un premier amour, et la chronique exacte d'une époque où les jeunes n'avaient pas de droits, pas de moyens, où la guerre froide allait aboutir à la guerre de Corée - quand le verbe aimer avait tout son sens, quand l'air de cithare du Troisième homme résonnait dans un univers sans télé, sans pilule, sans vitesse... On se prend à envier ces adolescents dont les tumultes sentimentaux se déroulent entre le square Lamartine et la place du Trocadéro, qu'ils traversent parfois pour aller au Palais de Chaillot, écouter, sans comprendre la chance qui leur est donnée, le grand, l'unique Wilhelm Kempff. Humour, nostalgie, émotion et violence des premières expériences, on retrouve, dans ces dialogues, scènes et portraits, le ton de sincérité de l'auteur de L'étudiant étranger.

jeudi 2 mai 2013

BRUCKNER, Pascal - La maison des anges

Antonin Dampierre, la trentaine soignée, est un garçon normal. Ou presque. Il travaille dans une agence immobilière de luxe jusqu'au jour où, ratant une vente à cause de deux ivrognes, il rosse l'un deux à mort. Illumination ! Notre purificateur commence alors sa quête hallucinée dans le Paris des naufragés où il croise la route d'Isolde. Cette héroïne de l'humanitaire parviendra-t-elle à le sauver de lui-même ? La Maison des Anges est un polar du bitume qui nous emporte avec effroi et jubilation dans le grand ventre de Paris.

ENARD, Mathias - Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs

Pour les besoins d'une thèse sur « la vie à la campagne au XXIe siècle », un étudiant en anthropologie prend ses quartiers à La Pierre-S...