samedi 25 février 2017

LE TOUZE, Guillaume - La mort du taxidermiste

Taxidermiste, Bernard l’est devenu après d’autres métiers et une longue traversée que cette histoire révèle mais, lorsqu’il s’installe à Paris dans les années 1970, la vie s’est adoucie. Le silence et la minutie, l’imaginaire et l’observation sont des qualités primordiales pour exercer cette étrange profession qui consiste à redonner corps à la perte, à retrouver la posture souvent furtive qui parachève l’identité d’un animal. Dans son atelier se côtoient des oiseaux, des renards, quelques lémuriens auprès desquels se détache la longue silhouette d’une girafe oubliée là par son commanditaire.
Tout comme les êtres en ces lieux sont réinventés, la géographie d’une vie demeure pour cet homme une construction aléatoire que l’on peut maquiller pour ne jamais en faire état.
Est-ce pour cela que Marianne, sa fille aînée, est revenue vivre en Corse ? Seule dans un village de l’Alta Rocca, elle est allée chercher dans les replis du paysage la force de l’ancrage et la mesure du temps.

Si le thème de la filiation apparaît dans tous les livres de Guillaume Le Touze, celui-ci semble s’y adosser pour aborder cette fois l’identité sous le signe de la topographie. Car le personnage principal de ce roman est une île hérissée de monts et de blocs granitiques, une île habitée d’arbres millénaires enracinés en pleine mer.

mardi 21 février 2017

PAASILINNA, Arto - Le meunier hurlant

Un petit village du nord de la Finlande, peu après la guerre, voit arriver un inconnu qui rachète et remet en marche le vieux moulin. D'abord bien accueilli, le nouveau meunier Gunnar Huttunen a malheureusement un défaut : à la moindre contrariété, il se réfugie dans les bois pour hurler à la lune, empêchant les villageois de dormir. Ces derniers n'ont dès lors qu'une idée, l'envoyer à l'asile.
Mais Huttunen, soutenu par la conseillère rurale Sanelma Käyrämö, est bien décidé à se battre pour défendre sa liberté.

dimanche 19 février 2017

SAVIGNEAU, Josyane - La passion des écrivains

Longtemps j'ai pensé que le portrait était un genre à éviter. Surtout pour un écrivain, qu'on ne devait pas rencontrer parce que tout était dit dans l'oeuvre. C'était dans l'esprit de l'époque. J'avais tort, bien sûr, mais j'ai mis du temps à m'en convaincre. Il fallait que les contraintes du métier m'y obligent. J'ai bientôt découvert la richesse de cet exercice dont je n'ai cessé depuis d'éprouver le charme. Je me souviens encore de mes premières "visites au grand écrivain", intimidée, presque effrayée : de mon intrusion entre l'auteur et son oeuvre ; de la crainte d'être déçue par le décalage entre la prose et la parole ; ou de ne pas réussir à restituer la singularité de ces rencontres. Les doutes se sont dissipés, j'y ai vite pris plaisir. Voici une promenade, toute personnelle, dans mes exercices d'admiration. Ils ne portent pas uniquement sur des écrivains, mais aussi sur des éditeurs, des comédiens, des hommes de culture... Au fil des pages et d'un portrait à l'autre se dessine ainsi tout un paysage qui aujourd'hui commence à s'éloigner, je m'en rends compte, non sans une certaine nostalgie ; un monde d'hier mais qui reste vivant parce qu'il continue à nous parler de ce que nous sommes toujours. Jo. S.

samedi 11 février 2017

NOTHOMB, Amélie - Barbe bleue

Saturnine Puissant se présente à une offre de colocation.Sur place, elle apprend que le propriétaire multiplie les conquêtes mais que ces dernières disparaissent.Saturnine s'installe néanmoins, tombe sous le charme de don Elemirio et découvre que l'homme cryogénise ses femmes.Un clin d'oeil au conte de Perrault, entre humour, suspense et analyse des sentiments

jeudi 9 février 2017

DELESALLE, Nicolas - Le goût du large

"Le temps : tout était là, dans ces cinq lettres, cette simple syllabe. J'allais soudain en être riche, ne plus courir après, le nez rivé sur l'ordinateur, le téléphone. Pendant neuf jours, j'allais devenir un milliardaire du temps, plonger mes mains dans des coffres bourrés de secondes, me parer de bijoux ciselés dans des minutes pures, vierges de tout objectif, de toute attente, de toute angoisse. J'allais me gaver d'heures vides, creuses, la grande bouffe, la vacance, entre ciel et mer."

De l'inaccessible Tombouctou à la mélancolique Tallinn, entre une partie d'échecs fatale quelque part dans un hôtel russe et un barbecue incongru à Kaboul, des clameurs de la place Tahrir au fond d'un trou, dans l'Aveyron... C'est le roman d'une vie et de notre monde que raconte Nicolas Delesalle, le temps d'une croisière en cargo.

Après le formidable succès d'Un parfum d'herbe coupée - finaliste du prix Relay des voyageurs 2015 -, Le Goût du large embarque le lecteur pour un voyage passionnant, plein d'humour et d'esprit, de couleurs et de saveurs, et réveille notre irrésistible envie d'ailleurs.

dimanche 29 janvier 2017

ETIENNE, Jean-Louis - Le pôle intérieur

Entre deux expéditions polaires et l'ascension de l'Himalaya, Jean-Louis Etienne embarque avec Tabarly pour une course autour du monde en voilier, organise la mythique expédition Transantarctica, ou marche sur le lac de lave du volcan Erebus, sur les traces de Haroun Tazieff... Jusqu'à ce jour de 1996 où il ressent le besoin de se retirer. Il se construit sa propre retraite, au fond d'un bois de son Tarn natal, d'où il s'interroge sur l'essence même de cet appel de l'aventure qui lui était si primordial : qu'est-ce que la liberté ? Comment aider chacun à aller au bout de ses rêves en vivant sa propre légende ?
Explorateur passionné, Jean-Louis Etienne a écrit de nombreux ouvrages dans lesquels l'appel de l'aventure côtoie et révèle une incroyable dimension humaine (Le marcheur du Pôle, Transantarctica, Pôle Sud, Expédition Erebus...). Il prépare une traversée de l'océan dans une nacelle expérimentale.

dimanche 22 janvier 2017

FRIEDERICH, Alexandre - Fordetroit

Autrefois métropole trépidante, Détroit forme aujourd'hui un décor de carton-pâte. Entièrement dévastée, elle répond désormais aux besoins de l'industrie du cinéma, ou bien de photographes néo-romantiques, en arrêt devant ces splendides ruines postindustrielles. Alexandre Friederich a choisi, lui, de pénétrer, par la petite porte, si désertée soit-elle, de s'y installer momentanément, de se laisser absorber par cette ville anthropophage. Détroit lui a inspiré un texte fulgurant, mi-récit d'aventure mi-reportage, forme qui lui permet, insidieusement, d'écrire un véritable roman d'anticipation. Puisque la fin du monde a déjà eu lieu ici, tentons de voir dans cet espace-laboratoire ce qu'il en reste. Quelle forme de vie est encore possible après la faillite d'une cité entière, autrefois théâtre d' un essor économique sans précédent ? La débrouille à petite échelle, l'autogestion localisée. L'auteur décrit avec humour ces menus bricolages, ces petits potagers, ces traces aussi insignifiantes que significatives d'une vie en devenir. Enfourchant son Roadster (d'occasion), il recherche moins les vestiges du passé que la présence. La fascination pour la ville-fantôme cède devant celle de ses habitants en chair et en os, âmes égarées, voyous, buveurs, ouvriers, chômeurs et autres éclopés du Henry Ford Hospital. À la grandiloquence des images de dévastation, il préfère la trivialité d'instants ou de conversations volés, sauvés de l'oubli - une mère ébahie devant son enfant, soi-disant précoce, les recommandations littéraires d'un ancien pousse-caddie ou Lee et sa sombre histoire de lapins. Détroit forme une maquette à grande échelle du monde à venir. Ce livre en est la parabole.

ENARD, Mathias - Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs

Pour les besoins d'une thèse sur « la vie à la campagne au XXIe siècle », un étudiant en anthropologie prend ses quartiers à La Pierre-S...