
C'est qu'aujourd'hui aussi bien qu'hier, la tentation du néant peut aboutir à ce " bonheur dans l'esclavage " pour lequel chacun de nous, un jour, a pu ressentir une abjecte fascination. Aussi bien l'Homme en suspens est-il le frère d'Humboldt, de Mosby, de M. Sammler et, comme eux, membre à part entière de la confrérie inoubliable des personnages créés par celui que ses pairs ont désigné comme le plus grand écrivain américain vivant."
Il s'agit du premier roman de Bellow, cet auteur récompensé par le prix Nobel.
Le roman se présente comme un journal qui nous fait entrer dans le quotidien plutôt pauvre et morne de Joseph, à Chicago, durant l'hiver 1942-43. Il attend son intégration dans l'armée, intégration retardée du fait de sa naissance canadienne. C'est le journal d'une attente débilitante où se révèlent ses tendances paranoïaques. On assiste à la dégradation progressive de ses relations avec son entourage, où lui-même a du mal à se reconnaître dans ses comportements excessifs, du mal à faire l'unité entre ce qu'il est et ce qu'il croyait être…
Le personnage est très crédible (d'où l'impression d'inspiration autobiographique) mais je n'ai pas réussi à m'y attacher et l'ennui s'est vite installé. Je suis néanmoins allée au bout de ma lecture dont j'attendais sans doute trop à cause de l'étiquette Nobel, label de garantie d'un auteur hors pair. Il me faudra revenir à cet auteur pour me faire une meilleure idée de ce qui lui a valu cette reconnaissance…