mercredi 11 mars 2015

MARTIN, Antoine - Histoire de l'humanité, fragment 1 - Le chauffe-eau

On ne sait plus qui a dit, Charles Péguy peut-être, que les pères de famille étaient les grands aventuriers des temps modernes. Il en a de bonnes, Charles Péguy peut-être. Comme si tous les pères de famille étaient taillés pour l'aventure, si tous avaient l'étoffe à se frotter à cette chiennerie qu'on appelle le quotidien. Qui ne l'a pas, en tout cas, c'est celui dont on parle dans ces pages, pauvre type ordinaire confronté aux embarras de la vie. 
Et la vie, c'est bien connu, elle a ses têtes. Il ne semble pas, à ce qu'on raconte, que celle de ce père-ci lui revienne vraiment. Car contrairement aux apparences, ce qu'on raconte ici n'est pas pour rire. Car qui oserait ironiser à propos d'une fuite d'eau, d'une panne de voiture ou d'un commandement d'huissier, qui aurait le front de se moquer des trois redoutables fourriers de l'adversité que sont le plombier, le garagiste et le facteur ?On verra comment le père dont on parle ici mobilise contre eux toutes les ressources dont il dispose (gaucherie désespérante, raisonnement névrotique appliqué à l'analyse des fonctions mécaniques ou électriques des objets de confort usuel, incapacité à concevoir le plus petit principe de solution pour s'opposer à la révolte des choses) et comment, à la fin, il s'emberlificote dans les problèmes de robinets, de combustion à quatre temps et d'assiette fiscale. 
Non, ce qu'on raconte ici n'est pas pour rire. Sans blague, et même si on a l'air de déconner, comme ça, qui ne serait frappé d'une sainte perplexité face à ces questions, les seules qui vaillent vraiment d'être qualifiés d'historiques, et auprès desquelles le secret du Masque de Fer et l'énigme du courrier de Lyon ressemblent à des devinettes pour fin de noces et banquets : qu'est-ce que c'est, une durit ? Pourquoi faut-il payer une redevance audiovisuelle ? Où j'ai foutu ce putain de tournevis ?C'est là qu'on aimerait bien l'y voir, Charles Péguy peut-être.

dimanche 8 mars 2015

Muze - Juillet août septembre 2014 - N° 76

ACTU : Le retour de l’érotisme soft
Emmanuelle quarante ans après
Le phénomène 50 nuances de Grey
Le point de vue d’Alain Héril sur le retour de l’érotisme soft

MONDE : Italie
Au-delà de l’opposition classique entre Nord dynamique et Sud à la traîne, l’Italie est plurielle. Son unité tardive a laissé chaque ville réaliser sa synthèse entre legs antiques, influences étrangères et génie local. Cet héritage majeur met au défi la production culturelle actuelle. Voyagez à travers l’Italie, de l’héritage culturel à Claudia Cardinale et ses chers réalisateurs, de l’Italie post-Berlusconi à la relève gastronomique, de la mafia au féminin à Cecilia Bartoli, en passant par Sibilla Aleramo, Patrizia Cavalli, Elisabetta Rasy et l’amour l’italienne.

SOCIÉTÉ : Culture et pouvoir
Les liaisons dangereuses entre culture et pouvoir. Fabrice d’Almeida décrypte les techniques de propagande. Le cinéma au service des nations, le paradoxe Leni Riefenstahl, le Maccarthysme et Hollywood. L’art entre chaînes et libertés. Portfolios Banksy et JR. Politique : le lobby culturel. Nouvelle inédite, « Srieng » de Carole Martinez pour l’AFD suivi d’un entretien.

EGO : La peau
Avec le retour de l’été, la peau se dénude. Elle s’expose aux rayons du soleil et aux regards des autres, ou bien elle s’en protège. Dans un monde de la représentation, à travers mots et images, quelles émotions, quelles sensations fait-elle passer ? En quoi parle-t-elle de nous ? Un éclairage psychologique. L’exposition Tatoueurs, tatoués au Quai Branly. Portfolio Pieter Hugo. Marina Abramovic, sa vie, son oeuvre. Art contemporain : Vanessa Beecroft et Meret Oppenheim. Littérature, les romans de la peau et la rencontre avec l’écrivaine et kinésithérapeute Régine Détambel. Poème Paul Eluard. Nouvelle inédite de Stéphanie Hochet, « L’unique ».

ATELIER D’ÉCRITURE : les romans de l’été
Les conseils d’Héloïse d’Ormesson.
La nouvelle d’une lectrice, Anatole, et vos textes.

jeudi 5 mars 2015

France Culture Papier - N° 10 - Eté 2014

Mardi 27 mai 2014, France Culture Papiersnuméro 10 sort en kiosque et en librairie. Comme dans les numéros précédents, le lecteur pourra y découvrir un entretien exclusif publié avant sa diffusion sur l’antenne. Après Gérard Depardieu, Michel Rocard, Erik Orsenna, Philippe Geluck, c’est "l’ange vert" Dominique Rocheteau qui se confie à Jean-Michel Djian, rédacteur en chef de France Culture Papiers.

Tout au long de cet entretien réalisé à l’occasion de la Coupe du monde de football, l’ancien footballeur relit sa carrière et ses engagements, sportifs, mais aussi politiques et artistiques. Un entretien à lire dans France Culture Papiers avant de l’écouter dans "A voix nue" du 9 au 13 juin à 20h sur France Culture.

A lire également en avant-première un portrait de Théodore Monod, "le fou du désert", savant insatiable, explorateur, homme de foi et d’engagements, qui nous a beaucoup laissé en héritage.

Ce numéro consacre une place toute particulière aux UTOPIES, avec un grand dossier élaboré à partir d’émissions diffusées sur France Culture durant le trimestre écoulé, ainsi qu’un entretien avec Olivier Py qui dévoile sa conception du théâtre au moment où il prend la direction du festival d’Avignon.

Comme dans chaque numéro depuis le numéro 4, un producteur de la chaîne revient également sur son parcours : la psychanalyste Caroline Eliacheff, qui tient depuis six ans une chronique dans la matinale de France Culture, revient sur ses débuts et ses années d’apprentissage dans un monde où "il faut être ami avec sa voix".

France Culture Papiers, ce sont aussi chaque trimestre des archives exceptionnelles. En 1988, Jean-Louis Ezine s’entretenait avec Frédéric Dard, le père de San-Antonio, auteur célèbre autant que méconnu.

Egalement au sommaire de ce dixième numéro de France Culture Papiers




● Transversales

Une lecture sélective et séquencée de la grille. Des propos inouïs et inédits :

- le comédien Carlo Brandt et le dramaturge Edward Bond descendent dans l’accélérateur de particules du CERN à Genève, où a été découvert le boson de Higgs en 2012.

- Madame Bovary, c’est qui ? Michel Winock et Yvan Leclerc questionnent les relations de Flaubert et de son personnage.

- Villes-mondes revient sur le destin de Medellin, autrefois étouffée par les trafics et les crimes, en reconstruction aujourd’hui grâce au combat de ses habitants.




● Thématiques

Un grand dossier élaboré à partir d’émissions diverses. Une manière intemporelle d’écouter et de lire le monde actuel :

Dans ce numéro : Utopies. Ils rêvent d’un monde meilleur, avec :

- Promenades en utopies, l’équipe de "Terre à terre" part à la recherche de modes de vie alternatifs, loin d’un capitalisme à bout de souffle.

- La conscience du manque : pourquoi, de siècle en siècle, les hommes n’ont-ils cessé de rêver d’autres mondes futurs…

- Deux ans après la révolution, où en est le rêve tunisien d’une vie meilleure, partagé par les 25 000 jeunes qui sont alors partis rejoindre la France ? Quatre réfugiés racontent leur quotidien à Paris, entre clandestinité, galère et espoir.



● D’hier à aujourd’hui

Archives, documentaires, fictions. Des moments précieux où textes, sons et voix font cause commune avec le savoir et la création :

- Frédéric Dard, le Gargantua de l’écriture, se confiait en 1988 à Jean-Louis Ezine sur les raisons intimes de sa boulimie de mots comme de la vie.

- Pablo Agüero raconte l’histoire d’Evita, épouse du général Peron, véritable icône pour son combat contre les inégalités et le droit de vote des femmes, mais aussi l’histoire de son corps embaumé, si encombrant pour les militaires qui ont pris le pouvoir.

- Quatre auteurs se relaient pour écrire ce roman policier "papou", La disparition de la grande roue : Serge Joncour ouvre la danse, puis chacun fait son choix entre les trois hypothèses laissées avant lui…


FRANCE CULTURE PAPIERS
Chaque trimestre, une approche libre et vivante du savoir.
France Culture Papiers depuis son lancement fin février 2012 est la première revue culturelle réalisée à partir d’émissions de radio, retranscrites, éditorialisées, illustrées et enrichies. Parmi plus de 2 000 heures d’antenne trimestrielles, plus d’une centaine d’émissions et de chroniques et près de 3 500 invités, France Culture Papiers propose chaque trimestre une sélection des meilleurs débats culturels, scientifiques, artistiques et politiques entendus sur l’antenne de France Culture.
France Culture Papiers, lauréate des Trophées de l’innovation Presse 2012, est disponible en librairie, en kiosque et sur abonnement.

mardi 3 mars 2015

OATES, Joyce Carol - La fille tatouée

Joshua Seigl, la quarantaine, écrivain estimé, riche et séduisant, se voit contraint, à cause d’une mystérieuse maladie, d’engager une assistante. Lorsqu’il rencontre par hasard Alma Busch, une jeune femme pauvre et illettrée, recouverte d’intrigants tatouages, Seigl ne peut résister à l’envie de jouer les Pygmalion. Convaincu de lui offrir la chance de sa vie, il lui propose le poste. Malheureusement pour lui, Alma Busch n’est pas la créature vulnérable qu’il croit…
"La Fille tatouée" est un huis clos érotique qui réunit deux visages de l’Amérique: l’élite cultivée, européenne, urbaine, et les exclus du système, analphabètes, sans ressources ni perspectives. Variation magistrale sur le thème du maître et du serviteur, ce roman est sans doute le plus controversé de Joyce Carol Oates.

jeudi 19 février 2015

DJIAN, Philippe - Oh...

«Décembre est un mois où les hommes se saoulent – tuent, violent, se mettent en couple, reconnaissent des enfants qui ne sont pas les leurs, s'enfuient, gémissent, meurent...» 
"Oh..." raconte trente jours d'une vie sans répit, où les souvenirs, le sexe et la mort se court-circuitent à tout instant.

mardi 17 février 2015

MURAKAMI, Haruki - L'incolore Tsukuru et ses années de pèlerinage

Depuis le mois de juillet de sa deuxième année d'université jusqu'au mois de janvier de l'année suivante, Tsukuru Tazaki vécut en pensant presque exclusivement à la mort.
À Nagoya, ils étaient cinq amis inséparables. L'un, Akamatsu, était surnommé Rouge ; Ômi était Bleu , Shirane était Blanche et Kurono, Noire. Tsukuru Tazaki, lui, était sans couleur.
Tsukuru est parti à Tokyo pour ses études ; les autres sont restés.
Un jour, ils lui ont signifié qu'ils ne voulaient plus jamais le voir. Sans aucune explication. Lui-même n'en a pas cherché.
Pendant seize ans, Tsukuru a vécu comme Jonas dans le ventre de la baleine, comme un mort qui n'aurait pas encore compris qu'il était mort.
Il est devenu architecte, il dessine des gares.
Et puis Sara est entrée dans sa vie. Tsukuru l'intrigue mais elle le sent hors d'atteinte, comme séparé du monde par une frontière invisible.
Vivre sans amour n'est pas vivre. Alors, Tsukuru Tazaki va entamer son pèlerinage. À Nagoya. Et en Finlande. Pour confronter le passé et tenter de comprendre ce qui a brisé le cercle.
Après la trilogie 1Q84, une œuvre nostalgique et grave qui fait écho aux premiers titres du maître, La Ballade de l'impossible notamment.

jeudi 12 février 2015

QUIRINY, Bernard - Une collection très particulière

Des livres qui s’écrivent tout seuls, d’autres qui produisent du courant, d’autres encore que leurs auteurs oublient en même temps qu’ils les rédigent : ce sont des ouvrages pas comme les autres que vous allez découvrir dans cette collection très particulière, une bibliothèque de livres imaginaires inventés par Bernard Quiriny et recueillis par son héros fétiche, Pierre Gould. Certains de ces livres ont sauvé des vies, d’autres ont tué leur possesseur ; il paraît même que certains ont dévoré leur auteur, qui s’agite depuis à travers leurs pages…
Il n’est pas seulement question de littérature dans ce recueil : on voyage aussi beaucoup, en visitant une dizaine de villes fantastiques - villes symétriques, villes silencieuses, villes où l’on ne vit qu’un jour sur deux, etc. - cousines des villes imaginaires qui hantent la littérature.
Et pour couronner le tout, on jette un œil satirique sur les grands bouleversements qui frappent ou frapperont bientôt notre époque, comme la résurrection en masse des trépassés et l’invention d’un sérum de jeunesse.
Entre Borges, Calvino et Marcel Aymé, un festival d’humour et d’invention qui est aussi un hommage ludique aux excentriques et à l’esprit littéraire.
Né en 1978, Bernard Quiriny est l’auteur de L’Angoisse de la première phrase et de Contes carnivores, deux recueils de nouvelles fantastiques couronnés par de nombreux prix, notamment le prix de la Vocation, le prix Victor-Rossel et le prix du Style. Il a également publié un roman de politique-fiction, Les Assoiffées.

ENARD, Mathias - Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs

Pour les besoins d'une thèse sur « la vie à la campagne au XXIe siècle », un étudiant en anthropologie prend ses quartiers à La Pierre-S...