jeudi 30 avril 2015

NOTHOMB, Amélie - Pétronille

« Au premier regard je la trouvai si jeune que je la pris pour un garçon de quinze ans. »

Elle a 30 ans, aime le champagne, écrit des romans, les libraires se l'arrachent. Elle qui pourtant est habituée aux séances de dédicaces est troublée lorsque Pétronille Fanto se présente devant elle un exemplaire de "Sabotage amoureux" à la main...


Amélie Nothomb signe ici une histoire dont le point de départ est une correspondance, un échange épistolaire qui deviendra une rencontre en chair et en os, celle d'une romancière avec sa fidèle lectrice Pétronille Fanto. Rapidement le tutoiement s'instaure, les dialogues se multiplient, le courant passe, une amitié se crée.
L'auteur a choisi de mettre en scène deux femmes que l'amour de l'écriture réunit, une dont la notoriété est installée, l'autre plus jeune et déjantée qui a l'avenir devant elle et un potentiel énorme.
Petites chamailleries, vilaines manières, bêtises improvisées, humour, rires complices, échanges musclés, situations singulières, admiration et compétition feront de ce roman, un moment de lecture agréable, l'occasion également pour l'auteur de rappeler à son lecteur quelques-uns de ses romans déjà publiés.
Comme toujours dans ses romans, Amélie Nothomb aime se raconter, se mettre en scène, parler du Japon, étaler sa culture, mais on lui pardonne, c'est un moment de lecture bien arrosé, le champagne coule à flots et la fin est bien imaginée.

jeudi 16 avril 2015

IRVING, John - Dernière nuit à Twisted River

1954, au nord du New Hampshire, à Twisted River, pays sauvage des bûcherons et des flotteurs de bois, les draveurs, Dominic Baciagalupo, 30 ans, veuf et père de Danny, 11 ans, travaille comme cuisinier avec, pour garde du corps Ketchum, l’ogre anarchiste au grand coeur, l’ami de toute une vie. Suite à la mort malencontreuse de Jane, sa maîtresse, causée par Danny qui l’a prise pour un ours, père et fils fuient le courroux revanchard du shérif Carl, l’« officiel » de la dame. Première étape, Boston, où Dominic cuisine dans un restaurant italien, où Danny rêve de devenir écrivain. De nouveau inquiétés par le shérif, les Baciagalupo se bâtissent une nouvelle vie dans le Vermont : après avoir tâté de la gastronomie chinoise, Dominic se lance à son compte avec succès, et Danny devient un écrivain célèbre. Ultime étape : Toronto. Mais on n’échappe pas à la rage vengeresse du shérif !

samedi 21 mars 2015

DE KERANGAL, Maylis - Corniche Kennedy

" Les petits cons de la corniche. La bande. On ne sait les nommer autrement. Leur corps est incisif, leur âge dilaté entre treize et dix-sept, et c'est un seul et même âge, celui de la conquête : on détourne la joue du baiser maternel, on crache dans la soupe, on déserte la maison. " Le temps d'un été, quelques adolescents désoeuvrés défient les lois de la gravitation en plongeant le long de la corniche Kennedy. Derrière ses jumelles, un commissaire, chargé de la surveillance de cette zone du littoral, les observe. Entre tolérance zéro et goût de l'interdit, les choses vont s'envenimer...Apre et sensuelle, la magie de ce roman ne tient qu'à un fil, celle d'une écriture sans temps morts, cristallisant tous les vertiges.

mardi 17 mars 2015

NEUHAUS, Nele - Flétrissure

Samuel Goldberg, un vieil homme respecté et influent, est assassiné dans sa riche demeure francfortoise.
Fait troublant : l’autopsie révèle que Goldberg, un rescapé de la Shoah, présentait sur le bras des traces du Blutgruppentätowierung, le tatouage que portaient les membres de la Waffen ss de leur propre groupe sanguin… Bientôt les meurtres se succèdent. Chargés de l’enquête, le très distingué commissaire Oliver von Bodenstein et la très prosaïque Pia Kirchhoff comprennent que les victimes partageaient un terrible secret.
Un polar allemand magistral qui regarde l’Histoire en face. Le meurtre ressemble à une exécution. Qui peut être capable de tuer d’une balle dans la tête un homme de quatre-vingt-douze ans ? Par ailleurs David Josua Goldberg devait connaître son assassin car la police ne trouve aucune marque d’effraction, juste un chiffre mystérieux écrit sur le mur avec le sang de la victime. L’affaire devient plus étrange encore lorsqu’au moment de l’autopsie on découvre, sur le bras gauche de Goldberg, la trace du tatouage effacé de son groupe sanguin.
Comment peut-on trouver sur un Juif, rescapé des camps de concentration, ce signe infamant, celui que portaient tous les membres de la ss ? Avant même que le commissaire Oliver von Bodenstein et sa collègue, l’inspecteur Pia Kirchhoff, aient pu commencer à enquêter, l’affaire leur est retirée des mains par ordre conjoint du ministère de l’Intérieur allemand, et de l’ambassade américaine. Goldberg était en effet devenu citoyen américain après la guerre.
Mais bientôt les meurtres se succèdent, tous plus énigmatiques les uns que les autres. Chaque fois les victimes sont très âgées et le mode opératoire d’une atroce cruauté. Le très distingué commissaire Oliver von Bodenstein et la très prosaïque Pia Kirchhoff ne tardent pas à concentrer leurs soupçons sur une famille très respectée de la haute société francfortoise. Grâce aux relations familiales du commissaire von Bodenstein et à la ténacité toute plébéienne de Pia Kirchhoff, le lecteur pénètre peu à peu dans le monde très fermé de la grande bourgeoisie allemande, qui sait si bien garder ses terribles secrets derrière les grilles de ses magnifiques propriétés.
Avec ce roman, Nele Neuhaus s’est imposée outre-Rhin comme un auteur de polars majeur. Ses livres, vendus en Allemagne à des centaines de milliers d’exemplaires, sont en cours de traduction dans plus de vingt pays.

vendredi 13 mars 2015

VUILLARD, Eric - Tristesse de la terre

Une histoire de Buffalo Bill Cody

Alors, le rêve reprend. Des centaines de cavaliers galopent, soulevant des nuages de poussière. On a bien arrosé la piste avec de l’eau, mais on n’y peut rien, le soleil cogne. L’étonnement grandit, les cavaliers sont innombrables, on se demande combien peuvent tenir dans l’arène. C’est qu’elle fait cent mètres de long et cinquante de large ! Les spectateurs applaudissent et hurlent. La foule regarde passer ce simulacre d’un régiment américain, les yeux sortis du crâne. Les enfants poussent pour mieux voir. Le cœur bat. On va enfin connaître la vérité.

mercredi 11 mars 2015

MARTIN, Antoine - Histoire de l'humanité, fragment 1 - Le chauffe-eau

On ne sait plus qui a dit, Charles Péguy peut-être, que les pères de famille étaient les grands aventuriers des temps modernes. Il en a de bonnes, Charles Péguy peut-être. Comme si tous les pères de famille étaient taillés pour l'aventure, si tous avaient l'étoffe à se frotter à cette chiennerie qu'on appelle le quotidien. Qui ne l'a pas, en tout cas, c'est celui dont on parle dans ces pages, pauvre type ordinaire confronté aux embarras de la vie. 
Et la vie, c'est bien connu, elle a ses têtes. Il ne semble pas, à ce qu'on raconte, que celle de ce père-ci lui revienne vraiment. Car contrairement aux apparences, ce qu'on raconte ici n'est pas pour rire. Car qui oserait ironiser à propos d'une fuite d'eau, d'une panne de voiture ou d'un commandement d'huissier, qui aurait le front de se moquer des trois redoutables fourriers de l'adversité que sont le plombier, le garagiste et le facteur ?On verra comment le père dont on parle ici mobilise contre eux toutes les ressources dont il dispose (gaucherie désespérante, raisonnement névrotique appliqué à l'analyse des fonctions mécaniques ou électriques des objets de confort usuel, incapacité à concevoir le plus petit principe de solution pour s'opposer à la révolte des choses) et comment, à la fin, il s'emberlificote dans les problèmes de robinets, de combustion à quatre temps et d'assiette fiscale. 
Non, ce qu'on raconte ici n'est pas pour rire. Sans blague, et même si on a l'air de déconner, comme ça, qui ne serait frappé d'une sainte perplexité face à ces questions, les seules qui vaillent vraiment d'être qualifiés d'historiques, et auprès desquelles le secret du Masque de Fer et l'énigme du courrier de Lyon ressemblent à des devinettes pour fin de noces et banquets : qu'est-ce que c'est, une durit ? Pourquoi faut-il payer une redevance audiovisuelle ? Où j'ai foutu ce putain de tournevis ?C'est là qu'on aimerait bien l'y voir, Charles Péguy peut-être.

dimanche 8 mars 2015

Muze - Juillet août septembre 2014 - N° 76

ACTU : Le retour de l’érotisme soft
Emmanuelle quarante ans après
Le phénomène 50 nuances de Grey
Le point de vue d’Alain Héril sur le retour de l’érotisme soft

MONDE : Italie
Au-delà de l’opposition classique entre Nord dynamique et Sud à la traîne, l’Italie est plurielle. Son unité tardive a laissé chaque ville réaliser sa synthèse entre legs antiques, influences étrangères et génie local. Cet héritage majeur met au défi la production culturelle actuelle. Voyagez à travers l’Italie, de l’héritage culturel à Claudia Cardinale et ses chers réalisateurs, de l’Italie post-Berlusconi à la relève gastronomique, de la mafia au féminin à Cecilia Bartoli, en passant par Sibilla Aleramo, Patrizia Cavalli, Elisabetta Rasy et l’amour l’italienne.

SOCIÉTÉ : Culture et pouvoir
Les liaisons dangereuses entre culture et pouvoir. Fabrice d’Almeida décrypte les techniques de propagande. Le cinéma au service des nations, le paradoxe Leni Riefenstahl, le Maccarthysme et Hollywood. L’art entre chaînes et libertés. Portfolios Banksy et JR. Politique : le lobby culturel. Nouvelle inédite, « Srieng » de Carole Martinez pour l’AFD suivi d’un entretien.

EGO : La peau
Avec le retour de l’été, la peau se dénude. Elle s’expose aux rayons du soleil et aux regards des autres, ou bien elle s’en protège. Dans un monde de la représentation, à travers mots et images, quelles émotions, quelles sensations fait-elle passer ? En quoi parle-t-elle de nous ? Un éclairage psychologique. L’exposition Tatoueurs, tatoués au Quai Branly. Portfolio Pieter Hugo. Marina Abramovic, sa vie, son oeuvre. Art contemporain : Vanessa Beecroft et Meret Oppenheim. Littérature, les romans de la peau et la rencontre avec l’écrivaine et kinésithérapeute Régine Détambel. Poème Paul Eluard. Nouvelle inédite de Stéphanie Hochet, « L’unique ».

ATELIER D’ÉCRITURE : les romans de l’été
Les conseils d’Héloïse d’Ormesson.
La nouvelle d’une lectrice, Anatole, et vos textes.

ENARD, Mathias - Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs

Pour les besoins d'une thèse sur « la vie à la campagne au XXIe siècle », un étudiant en anthropologie prend ses quartiers à La Pierre-S...