Elle a vécu son enfance dans une ferme en Irlande avant de partir pour les Etats-Unis. Dans ses nouvelles, Claire Keegan décrit surtout un quotidien rural où l'on entend les vaches se gratter contre une barrière, où la mère se lève tôt, la première, pour allumer le feu et s'occuper des poules et des moutons. Les hivers sont très froids, les distractions rares. Les épouses rêvent de conduire la voiture mais ce sont les maris qui commandent et les filles qui descendent pour ouvrir les barrières en pleine nuit. Parfois, les femmes s'en vont : elles enfilent une robe rouge pour aller en ville et passer la nuit avec un homme. D'autres vivent dans l'ombre d'un amant marié qui les retrouve de temps à autre, en se cachant. Certaines restent célibataires, s'habituent à vivre seules, fredonnent même des chansons en préparant les confitures et les conserves pour l'hiver. Les couples se parlent peu mais leurs gestes trahissent leur fatigue physique et leur désir de vivre autrement, loin d'un passé familial lourd et statique. Ce sont les détails qui symbolisent la vacuité d'une vie. Trop de lessives, trop d'enfants, trop de tristesse et de rêves avortés : les lèvres des hommes sont froides quand ils embrassent leur épouse le soir au retour du travail.
L'amour, ou plutôt le désir d'amour, est présent à chaque page, mais Claire Keegan cache les sentiments derrière des gestes anodins. Ses nouvelles embrassent toute une existence. Dans ce premier recueil d'une dextérité et d'une sensibilité étonnantes, elle semble prendre son temps pour installer une atmosphère mais n'oublie jamais qu'elle écrit dans un genre littéraire qui exige le sens du rythme. Ses histoires courtes choisissent un instant donné, ramassé, symbolique et terriblement émouvant : celui d'une vie qui bascule, d'une prise de conscience ou d'un regard de trop. L'Antarctique marque la naissance d'un grand auteur et les Anglo-Saxons ne s'y sont pas trompés. La nouvelliste a figuré sur les listes des meilleures ventes aux Etats-Unis après avoir été encouragée par Nuala O'Faolain, Irlandaise elle aussi, et récemment disparue.
Juste pour mémoriser mes lectures. Aucun jugement... Affichage de la 4ème de couverture.
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